Cotation du 16/09/2019 à 23h00 Dow Jones Industrial -0,52% 27 076,82
  • DJIND - US2605661048

Clôture de Wall Street : les records frôlés grâce au commerce et à la BCE

Clôture de Wall Street : les records frôlés grâce au commerce et à la BCE
Clôture de Wall Street : les records frôlés grâce au commerce et à la BCE
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street a frôlé jeudi ses record historiques inscrits en juillet dernier, dans l'espoir d'un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine. Les annonces de la BCE pour soutenir la croissance ont aussi soutenu la cote. Des rumeurs évoquant un possible accord intérimaire entre les Etats-Unis et la Chine ont été appréciées, même si elles ont ensuite été démenties. Le cours de l'euro a zigzagué face au dollar, après que Donald Trump a accusé la BCE d'agir pour déprécier la devise européenne.

Les indices américains ont cependant vu leurs gains s'éroder quelque peu à la clôture. L'indice Dow Jones a gagné 0,17% à 27.182 points, signant sa 7ème séance consécutive de hausse, et finissant à 0,6% de son record historique de juillet. L'indice large S&P 500 a progressé de 0,29% à 3.009 pts (à 0,5% de son record) et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, a avancé de 0,3% à 8.194 pts, à 1,7% de son record (8.330 pts).

Donald Trump offre un répit de 2 semaines à la Chine

Sur le front commercial, des informations de presse ont fait état d'un projet d'accord intermédiaire entre les Etats-Unis et la Chine, qui porterait sur un nombre limité de sujets, en attendant un accord plus global trop complexe à atteindre actuellement. Cette information a cependant été démentie par la Maison Blanche en cours de séance.

Les marchés ont néanmoins apprécié l'annonce par Donald Trump d'une petite concession à la Chine, sous la forme d'un report de deux semaines des surtaxes douanières sur 250 milliards de dollars de produits chinois importés aux Etats-Unis. Ces surtaxes entreront en vigueur le 15 octobre au lieu du 1er octobre, ce qui offre une nouvelle marge de manoeuvre aux négociateurs.

Cette promesse intervient au lendemain d'un geste de conciliation de Pékin, qui a accepté de retirer certains produits américains de la liste des produits surtaxés par la Chine.

La BCE sort le bazooka, certains espéraient mieux

Les questions monétaires ont également agité les marchés financiers ce jeudi. Depuis Francfort, la BCE a annoncé une série de mesures fortes, à commencer par la baisse du taux de dépôt de -0,4% à -0,5%, accompagné d'un système de modulation pour épargner les banques distribuant le plus de crédit.

La banque centrale européenne va en outre reprendre ses rachats d'actifs ("QE") au rythme de 20 milliards d'euros par mois, à compter du 1er novembre et sans limite de date. Enfin, les prêts ciblés de la BCE aux banques ("TLTRO") verront leurs conditions d'attribution évoluer. Cependant, certains investisseurs espéraient des gestes encore plus spectaculaires (une baisse des taux plus importante et un "QE" plus volumineux.

Ces annonces ont provoqué des mouvements erratiques sur la paire euro/dollar. La devise européenne a dans un premier temps chuté de 0,5% face au billet vert, à 1,0927$, mais a ensuite inversé la tendance pour progresser d'environ 0,5% en soirée à 1,1064$. Cette volatilité a accompagné un échange d'amabilités entre Donald Trump et Mario Draghi, le président de la BCE.

Passe d'armes entre Trump et Draghi sur la parité euro/dollar

Donald Trump a ainsi vivement réagi aux annonces de la BCE en estimant qu'elle "essaie et est en train de réussir, à déprécier l'euro face à un dollar TRES fort, pénalisant les exportations américaines..." Le président américain s'en est une nouvelle fois pris à la Réserve fédérale américaine, qui se réunira les 17 et 18 septembre, en persiflant : "Et la Fed reste assise, assise... Ils (la BCE) se font payer pour emprunter de l'argent, tandis que nous payons des intérêts". Mercredi, Donald Trump avait traité les banquiers centraux américains de "crétins" (Boneheads) et leur avait réclamé de ramener les taux à zéro, voire en terrain négatif pour soutenir la croissance aux Etats-Unis.

Lors de sa conférence presse Mario Draghi a répondu sèchement à Donald Trump que la BCE a "un mandat. Nous recherchons la stabilité des prix et nous ne visons pas de taux de change. Point final".

Aux Etats-Unis, les marchés anticipent une baisse des taux d'un quart de point de la Fed mercredi prochain, qui ramènerait le taux des "fed funds" à 1,75%-2%. L'outil Fedwatch du CME Group montre que les traders anticipent au total deux ou trois baisses de taux d'ici à la fin de l'année, ce qui pourrait le ramener entre 1,25% et 1,50% (contre 2% à 2,25% actuellement).

Vendredi dernier, le président de la Fed, Jerome Powell, avait indiqué que la banque centrale ne prévoyait pas de récession aux Etats-Unis, mais que l'économie américaine faisait face à des risques baissiers "significatifs". Il a assuré que la Fed continuera à agir de manière appropriée pour soutenir la croissance de l'économie américaine, et a répété que les banquiers centraux ne tenaient aucun compte de la politique pour déterminer la politique monétaire.

Le pétrole poursuit sa correction, l'or se reprend

Le pétrole a reculé jeudi pour la 3ème séance d'affilée. Le cours du brut léger américain WTI a cédé 1,18% à 55,09$ le baril (contrat à terme d'octobre), tandis que le Brent a reculé de 0,71% à 60,38$ le baril (contrat de novembre).

Le brut pâtit de doutes sur le niveau de réduction de la production de l'Opep+. Le nouveau ministre saoudien de l'Energie a déclaré jeudi qu'aucune nouvelle baisse de production ne serait décidée avant la réunion semestrielle de l'Opep en décembre. Le pétrole a aussi reculé depuis que des signes de réchauffement des relations entre les Etats-Unis et l'Iran ont pointé, après le limogeage par Donald Trump de son conseiller à la Sécurité nationale John Bolton. Selon l'agence 'Bloomberg', Trump préparerait même une rencontre avec le président iranien Rohani avant la fin septembre.

Autre facteur négatif pour le pétrole : l'Agence d'Information sur l'Energie américaine (EIA) et l'Opep ont toutes deux revu en baisse cette semaine leurs prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole brut pour cette année et 2020.

De son côté, l'or a signé jeudi sa deuxième séance de rebond, après sa récente correction de plus 3%. Le métal jaune a ainsi repris jeudi 0,19% à 1.506$ l'once (contrat à terme de décembre sur le Comex).

Le déficit budgétaire supérieur à 1.000 Mds$ aux Etats-Unis

Sur le plan macro-économique aux Etats-Unis, l'inflation sous-jacente s'est accélérée en août pour atteindre son plus haut niveau en rythme annuel depuis juillet 2018 à 2,4%, ce qui pourrait inciter la Fed à ne pas abaisser trop vite ses taux directeurs.

Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont par ailleurs diminué la semaine dernière, à 204.000, leur plus bas niveau depuis avril.

Enfin, le déficit budgétaire des Etats-Unis s'est un peu réduit en août à 200 milliards de dollars (-6% sur un an), grâce à l'activité économique relativement solide qui a permis une hausse des recettes, notamment issues des tarifs douaniers.

Cependant, le déficit cumulé sur 11 mois dépasse désormais les 1.000 milliards de dollars, pour la première fois depuis 7 ans, à un mois de la clôture de l'exercice fiscal.

VALEURS A SUIVRE

Oracle (-4,2%) a publié un CA inférieur au consensus au premier trimestre fiscal. En outre, l'éditeur de logiciels de gestion d'entreprises a annoncé que son directeur général (CEO) Mark Hurd allait prendre un congé pour des raisons de santé. Les ventes trimestrielles du groupe ont atteint 9,22 milliards de dollars, un chiffre un peu en-deça du consensus de 9,29 Mds$ compilé par IBES/Refinitiv. Le bénéfice par action ajusté est ressorti conforme au consensus, à 81 cents, mais il l'avait battu les sept trimestres précédents. Ces chiffres sèment donc un doute sur la capacité du groupe à s'imposer sur le segment du cloud computing, qui apporte désormais la majorité de son chiffre d'affaires.

"Nous avons travaillé dur tous ensemble pour boucler le premier trimestre et j'ai décidé de passer du temps à me préoccuper de ma santé", a expliqué Mark Hurd dans un communiqué. "A ma demande, le conseil d'administration m'a accordé un congé pour raisons médicales", a-t-il ajouté. La co-CEO Safra Catz et le fondateur d'Oracle Larry Ellison, actuellement responsable des technologies, assumeront les responsabilités de Mark Hurd durant son congé maladie.

Broadcom (+0,8%) publie ses comptes trimestriels après bourse à Wall Street ce soir.

Apple a cédé 0,2% après un gain de près de 3% en deux séances, suite à ses annonces, mardi, de nouveaux produits et services. Le groupe a présenté ses nouveaux iPhones 11, et a revu en baisse les prix de vente de certains anciens modèles d'iPhones. En outre, la firme à la pomme a dévoilé un prix imbattable de 4,99$ pour ses abonnement mensuels de vidéo en streaming (Apple TV+) et de jeux vidéo (Apple Arcade). Ces prix ont été jugés très compétitifs face à la concurrence de Netflix (+0,2%), Walt Disney (+0,9%) ou encore Amazon (+1,1%).

Kroger (stable) a publié pour son second trimestre un bénéfice net de 297 millions de dollars soit 37 cents par action, contre 508 millions un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 44 cents, contre 41 cents de consensus. Les revenus ont totalisé 28,2 milliards de dollars, contre 28 Mds$ un an avant et 28,4 Mds$ de consensus. Le groupe vise toujours une croissance à comparable de 2-2,25%, pour un bpa ajusté 2019 de 2,15-2,25$.

Spotify (-2,6%), le service suédois de streaming musical désormais coté à Wall Street, a racheté la plateforme musicale SoundBetter. Le montant de l'opération n'est toutefois pas précisé. SoundBetter, créé il y a sept ans, met en relation les utilisateurs avec des musiciens, des ingénieurs du son, des paroliers ou encore des producteurs. La plateforme estime compter plus de 180.000 artistes et professionnels au sein de son réseau.

Alphabet (+1,2%). Google va verser 500 millions d'euros d'amende dans le cadre d'un accord soldant un dossier de fraude fiscale ouvert il y a quatre ans de cela par le Parquet national financier en France. Google France et Google Ireland consentiront le paiement, dans le cadre d'une convention judiciaire d'intérêt public signée le 3 septembre. Les négociations secrètes auraient duré quatre mois entre le parquet et les représentants du moteur de recherche, croit savoir Reuters. Google versera également 465 ME, montant correspondant à un rattrapage d'impôts. Au total, le groupe devra donc s'acquitter d'une 'douloureuse' de près d'un milliard.

©2019,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com