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Consultation

Lancement d'une consultation sur les zones tampons liées aux pesticides

Lancement d'une consultation sur les zones tampons liées aux pesticides
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français lancera lundi une consultation sur la distance à respecter entre les cultures traitées aux pesticides et les habitations, ont annoncé samedi les ministères de l'Agriculture, de la Santé et de la Transition écologique.

Cette consultation répond au débat sur l'usage des pesticides, qui a notamment conduit des dizaines de maires à déposer des recours visant à protéger leurs administrés.

Le gouvernement, qui dit se baser sur les recommandations de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), propose d'instaurer des distances minimales entre les champs d'une part et les habitations et bâtiments publics d'autre part.

La zone tampon serait comprise entre cinq mètres pour les cultures "basses" comme les légumes et dix mètres pour les cultures "hautes" comme les vignes et les arbres fruitiers, précisent les trois ministères dans un communiqué.

"On va lancer une consultation de trois semaines qui se base sur ces recommandations scientifiques", a dit à Reuters un porte-parole du ministère de l'Agriculture. "Tout citoyen, syndicat agricole ou association de défense de l'environnement pourra s'exprimer. C'est un projet qui peut être amené à évoluer."

Le ministère de la Transition écologique fera la synthèse en vue d'"un arbitrage définitif fin novembre", avant la publication d'un décret le 1er janvier 2020, a-t-il précisé.

Le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, tout comme le principal syndicat agricole français, la FNSEA, sont opposés l'instauration de zones sans pesticides dans un rayon de 150 mètres autour des habitations réclamée par certains maires et les organisations écologistes.

"Je veux réconcilier les citoyens et les agriculteurs, c'est ça qui est indispensable", a déclaré Didier Guillaume samedi.

"Il faut aller plus loin oui, mais faisons attendons que si nous devions aller à plus de 150 mètres des riverains, des maisons, ça poserait des problèmes pour l'agriculture", a-t-il expliqué sur BFMTV. "Apaisons tout cela, faisons en sorte que ce débat public tienne. A l'issue du débat public, le gouvernement prendra ses responsabilités".

En visite à Bordeaux (Gironde), l'ancien ministre Nicolas Hulot a jugé "un peu dérisoire" la proposition d'instaurer une distance de cinq à dix mètres.

"Au moins déjà, il y a une démarche, allons plus loin dans la démarche", a dit le militant écologiste, partisan d'une solution au "cas pas cas", impliquant les élus.

Le secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts, David Cormand, a fait part de son scepticisme.

"Il y a la reconnaissance par l'Etat du danger. Le problème c'est le côté anecdotique de la décision qu'ils en tirent. Parce qu'effectivement une zone tampon de cinq à dix mètres, ça a peu de sens", a-t-il dit sur BFMTV.

(Elizabeth Pineau, édité par Nicolas Delame)


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